26 Sep

Extraits du stage d’introduction à la pédagogie Montessori à la maison des enfants

Christian Maréchal, en charge de la classe où a été tourné Le maître est l’enfant, n’est pas seulement éducateur Montessori AMI (Association Montessori Internationale), il est aussi formateur.
En mars dernier, il a animé un week-end d’introduction à la pédagogie Montessori à l’ISMM (http://www.formation-montessori.fr/). En voici quelques extraits.

28 Juil

LE CITOYEN OUBLIE (Maria Montessori)

Au regard de l’actualité dramatique, des projets d’intensification de la guerre, voici un beau texte de Maria Montessori (1870-1952) qu’elle adressa à de nombreux gouvernements et à l’UNESCO en 1947.

LE CITOYEN OUBLIE

J’ai consacré ma vie à la recherche de la vérité.

L’observation des enfants m’a permis de scruter la nature humaine à son origine, à la fois en Orient et en Occident, et, malgré quarante années de travail, l’enfance m’apparaît toujours comme une source intarissable de révélations et – dirai-je même – d’espérance.

L’enfance m’a révélé l’unité de l’humanité. Les enfants parlent tous plus ou moins au même âge, quels que soient leur ethnie, leur milieu ou les circonstances : ils marchent, perdent leurs dents, etc. à certaines périodes déterminées de leur existence. Dans certains autres domaines, en particulier dans le domaine psychique, ils présentent les mêmes caractères, les mêmes sensibilités.

Les enfants sont les créateurs de l’homme qu’ils construisent. Ils prennent et assimilent la langue, la religion, les coutumes et les caractéristiques non seulement de l’ethnie et de la nation à laquelle ils appartiennent, mais aussi de la région délimitée dans laquelle ils grandissent.

L’enfant se développe avec ce qu’il trouve autour de lui. Si ce qui est à sa disposition est pauvre, son œuvre sera pauvre. Dans la civilisation actuelle, l’enfant en est réduit au glanage.

Pour se construire il prend, au hasard, ce qu’il trouve dans son environnement.

L’enfant est le « Citoyen Oublié ». Et pourtant, si les hommes d’État et les éducateurs réalisaient un jour la force vertigineuse que représente, en bien ou en mal, l’enfance, je crois qu’ils lui accorderaient la priorité sur toutes les autres questions.

L’homme est le seul responsable de ses problèmes. S’il est négligé dans sa propre construction, aucun problème ne sera jamais résolu.

Il n’existe pas d’enfants bolcheviques, fascistes ou démocrates ; ils deviennent ce que les circonstances ou leur entourage font d’eux.

Aujourd’hui, lorsqu’en dépit des terribles leçons des deux guerres mondiales, l’avenir s’annonce plus sombre que jamais, j’ai la certitude qu’outre l’économie et l‘idéologie, il est un autre domaine à étudier : celui de l’Homme – pas celui de l’homme adulte qui reste sourd à tout appel. Économiquement menacé, emporté dans un tourbillon d’idées contradictoires, il se jette tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. C’est l’homme au commencement de sa vie qui doit mobiliser la science, l’enfant qui se construit en respectant les lois naturelles de son développement. C’est seulement ainsi que l’on peut espérer créer une meilleure structure sociale et une meilleure entente internationale.

Déclaration de Maria Montessori écrite en Inde en 1947.

(traduit de l’anglais)

06 Mai

Comment porter une chaise

Le dérushage, c’est à dire le visionnage de tout ce qui a été filmé, est quasiment terminé. Le montage proprement dit commencera la semaine prochaine.

Voici un troisième extrait du tournage intitulé « Comment porter une chaise ».

N’hésitez pas à partager cet extrait et à inviter à devenir coproducteur du film en allant sur http://www.montessori-lefilm.org/

15 Avr

Premier extrait du tournage du film

Nous avons commencé le montage du documentaire « Le maître est l’enfant » il y a tout juste une semaine. Nous en sommes à la première étape : le dérushage (visionnage de tout ce qui a été filmé).
Nous partageons avec vous un extrait d’un plan séquence tourné en avril 2015.
8h30 du matin, la moitié des enfants sont arrivés dans la classe…

15 Mar

La vache verte

« Un petit garçon se donnait bien du mal un jour pour colorier une vache en vert. Son maître s’approcha et lui dit : « Voyons ! Il n’y a pas de vaches vertes ! Cela n’existe pas ! », ce à quoi l’enfant répondit calmement : « C’est bien pourquoi j’en fais une ! »

Ce bref dialogue condense de nombreuses informations sur une attitude fréquente des adultes à l’égard des enfants. La remarque du maître impliquait que l’enfant – observateur s’il en est ! – ne s’était pas aperçu qu’il n’existait pas de vaches vertes, ou que, s’il l’avait remarqué, il commettait une faute en coloriant une vache dans cette teinte qu’elle n’a pas dans la nature.
Cette remarque, non sollicitée, témoigne d’un manque de respect pour l’enfant et d’une méconnaissance de son intelligence et de sa capacité à observer et à faire des choix autonomes.

Ce garçon, heureusement pour lui, était solide affectivement, mais des enfants plus fragiles se montrent parfois découragés au point de désespérer lorsque leurs initiatives sont désapprouvées par des remarques d’adultes, même lorsque celles-ci partent d’une bonne intention. L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on, mais ce dicton ne prend-il pas une résonance sinistre lorsqu’il s’agit des bonnes intentions de l’adulte et de l’enfer de l’enfant ? »

Extrait d’Educateurs sans frontières de Renilde Montessori, petite fille de Maria Montessori.

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27 Oct

L’Enfant Nouveau par Maria MONTESSORI

L’Enfant Nouveau

par Maria MONTESSORI

conférence donnée à la Sorbonne (faculté de médecine) le 2 avril 1931

La transformation de l’éducation est devenue si universelle qu’elle sort aujourd’hui du cercle des compétences et fait partie des plus grands problèmes sociaux. On comprend, en effet, à l’heure actuelle, que les progrès sociaux sont en rapport non seulement avec les applications de la science qui ont transformé la vie extérieure, mais aussi et surtout avec les applications d’une science susceptible d’aider l’homme dans la période de son développement : c’est-à-dire l’Enfant. Voilà pourquoi les sciences modernes qui se rattachent à l’éducation intéressent non seulement les savants et les éducateurs, mais aussi les parents et le public en général. Tous connaissent les deux pivots sur lesquels gravite la pédagogie moderne : l’un est l’étude et la formation de la personnalité (c’est-à-dire la connaissance de l’enfant dans ses caractéristiques propres), pour le diriger ensuite selon ses tendances reconnues ; l’autre est l’obligation de laisser l’enfant libre. C’est la vieille question de la liberté dont l’origine remonte, en France, à J.-J. Rousseau, son précurseur théorique. Mais il est reconnu par tous que la pédagogie nouvelle a rencontré des obstacles difficiles à surmonter ; elle s’est trouvée en face d’une quantité de problèmes à résoudre. Le mot problème est devenu, en effet, caractéristique dans ce circuit de recherches : on entend parler des problèmes de l’école, des problèmes de la liberté, des problèmes de l’intérêt et de l’effort, etc., alors que dans les autres branches de la science on entend parler de lois : lois de la propagation de la lumière, lois de la gravitation, etc. Dans les sciences, les problèmes sont généralement les parties cachées et préparatoires auxquelles on n’accorde pas d’importance ; ce qui entre dans le domaine de la science, c’est la découverte et la solution des problèmes.

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