27 Oct

Nouvelles

C’est l’enfant nouveau qui, seul, peut nous conduire et nous montrer notre voie. »

Je travaille actuellement intensément à la préparation de la bande annonce du film et me replonge de temps à autre dans les innombrables documents que j’ai pu trouver lors de mes recherches initiales sur la pédagogie Montessori. En voici un qui me semble bien illustrer sa démarche scientifique et la nature de son projet ; et… résonner quelque peu avec l’actualité. Il s’agit d’une conférence donnée à la faculté de médecine de la Sorbonne le 2 avril 1931.
Ici un premier extrait :

Si nous parlons de l’enfant, il paraît inévitable qu’il doive souffrir des exigences scolaires ; et pourtant on voudrait, au contraire, qu’il en jouît. Par nécessité, il doit se fatiguer alors qu’on souhaiterait qu’il n’éprouvât aucune fatigue. Il faut qu’il obéisse, et l’on voudrait pourtant qu’il fût libre. Ces désirs confrontés aux nécessités de la vie sont l’origine des problèmes de l’éducation. Les tentatives des savants se résolvent presque en une litanie de lamentations scientifiques, car l’adulte contemple une fatalité qui menace l’enfant.
Toutes les réformes de l’école moderne tendent à le soulager du poids de maux inévitables : par exemple, la diminution des horaires, l’allégement des programmes, les intermittences obligatoires de repos et d’éducation physique, remèdes dont les effets sont, en dernière analyse, funestes aux progrès intellectuels. On tolère encore cela dans la période de l’instruction primaire, mais non dans les cours supérieurs si l’on ne veut pas courir le risque grave d’une préparation insuffisante à la vie sociale. De tels problèmes ne peuvent être résolus ni par un compromis, ni par une diminution du mal. Ils doivent être résolus par une réforme réelle et il faut tracer de nouvelles voies devant l’éducation qui, jusqu’alors s’est dirigée vers une impasse.
La science appliquée à l’éducation n’a pas su trouver une voie aussi heureuse que celles qui, dans d’autres domaines, lui ont fait faire des découvertes lumineuses et ont servi la vie humaine.